C’est la fin de la crise. Oh! que voilà des propos rassurants qui sont bien agréables à entendre ! Mais de qu’elle crise parle t’on ?
Il est vrai certains signaux objectifs de reprise sont relayés par les médias, par exemple, des résultats de sociétés moins mauvais que prévus, les bourses qui repartent à la hausse, les banques qui retrouvent des liquidités, les ventes de voitures qui progressent. Du coup, les mêmes (ou presque) qui pariaient sur une crise longue, annoncent que la reprise est là. Ils font toutefois quand même part de leur surprise, sur la précocité de ce retournement de situation, de cette fin de la crise!

Ces attitudes posent questions: ces experts sont ils trompés avant ou se trompent ils maintenant ?
Je propose, l’analyse suivante: pour moi il y a trois crises, liées entre elles, la première qui a tout déclenché: la Crise Financière, la seconde: la Crise Économique, la troisième : la Crise Sociale.
Nous sommes peut être proche de la fin de la crise Financière, nous sommes en plein dans la Crise Économique, et la Crise Sociale n’a pas encore commencé.
La Crise financière : l’optimisme est revenu pour la bourse, le CAC 40, que la majorité des analystes voyaient entre 3500 et 3600 à la fin de l’année 2009, semble installé autour de 3800. Les banques remboursent en partie les États, elles se prêtent de nouveau entre elles des liquidités sur les Marchés Financiers. Tant mieux, mais un peu surprenant !
La Crise Économique: là, ça ne va pas du tout, accroissement constant des fermetures d’usines, plans de licenciement de plus en plus nombreux, augmentation récurrente du nombre des chômeurs, baisse des prix de l’immobilier et surtout du nombre des transactions, la Pèche qui demande de l’aide, l’Agriculture qui jette le lait qu’elle est contrainte de vente à perte, le déficit de la Sécu qui est record. Un des seuls secteurs qui va vraiment mieux c’est l’Automobile, mais «sauvé» par la prime à la casse. On est bien loin d’une fin de crise !

La Crise Sociale: elle risque d’éclater, car le nombre des ménages dans le besoin ne fait qu’augmenter et l’économie ne leur offre pas beaucoup de perspectives. Un signe de ce manque de confiance, malgré des taux de prêts immobiliers et consommation historiquement bas, la distribution des crédits par les banques est complètement atone. Le gouvernement qui sait bien que c’est un des leviers de la relance de la consommation, fustige les banques, leur reprochant trop de selectivité. Il y a certainement du vrai, mais il faudrait vraiment faire le détail entre la baisse du nombre de demandes et le nombre de refus de prêts. Statistiques non trouvées à ce jour, car certainement un peu dérangeantes.
L’évolution de cette Crise Financière qui est à l’origine de tous nos maux, est elle l’indicateur d’un véritable redressement économique? Tant que nos gouvernements qui dans l’urgence, ont heureusement stoppé l’accélération de la récession ne se mettront pas d’accord sur une véritable régulation des marchés commerciaux et financiers, le risque sera toujours fort et la sortie de crise longue.

N’oublions que les pare-feux gouvernementaux ont été financés par le creusement de la dette publique, qu’il faudra bien rembourser, et aussi que chaque fois qu’il y a eu, une distorsion entre la réalité économique et et les cours de bourse, une remise à niveau s’est effectuée.
Alors continuez à être vigilants sur vos placements, comme cet article tend à vous y inviter.L’embellie boursière actuelle me laisse perplexe ! Je ne crois pas que ça soit la fin de la crise !
Jean Conseil