La crise financière que nous traversons a été l’occasion d’enrichir notre vocabulaire. Nous avons commencé par découvrir les «subprimes», origine de tous les maux, puis les CDS «crédit default result», tout cela incorporé dans des «produits structurés». Nous découvrons maintenant une nouvelle terminologie jusque là réservée à l’industrie chimique ou nucléaire, les produits toxiques.

Ces termes regroupent de fait tous ces produits financiers sophistiqués, dont les banques ont perdu le contrôle et dont la valeur a énormément diminué. Ils pourrissent leurs bilans et donc leur solvabilité, dont l’indicateur est le ratio «tiers one» évoqué dans un précédent article. Pour bénéficier des aides des États les banques doivent d’abord «nettoyer» leurs comptes.
Alors que faire de ces produits toxiques ? Dans cette période de sensibilisation écologique, difficile de les enterrer dans le premier terrain vague financier du coin. La solution en cours de mise en place est : la «bad bank». Même si le terme est anglais, nous avions été, en France, les précurseurs en utilisant le procédé pour le Credit Lyonnais, rappelez vous, il y a quelques années.
Comment ça marche la bad bank? La banque crée ou on sollicite une société dite de défaisance, la bad bank,celle-ci achète les produits toxiques très peu chers. La banque peut même accorder un prêt à cette structure pour en financer l’achat. Résultat: la banque enregistre certes une perte, l’année de la vente, mais elle sera déductible de ses futurs bénéfices, donc elle fera une économie d’impôts. Elle fait ainsi un prêt qui sera productif d’intérêts augmentant ainsi son résultat, et elle peut présenter à l’Etat un bilan assaini pour recevoir une aide. Simple n’est ce pas ! Et puis selon l’évolution ultérieure de l’économie, la bad bank revendra opportunément ses anciens produits toxiques avec une plus value ou diluera leur réintroduction dans les marchés financiers dans la durée.
Il ne vous aura bien sûr pas échappé que le coût de cette pirouette financière aura été supporté par quelqu’un,………. un «good boy de contribuable» !
Jean Conseil