Pour sortir de la crise, la régulation des paradis fiscaux demeure un enjeu crucial. Dans un précédent avis, publié bien avant le précédent G 20 de Novembre 2008, j’estimais que cette réunion n’apporterait pas de réponse concrète à la crise économique et serait plutôt une déclaration de « bonnes intentions » tant les intérêts financiers des Etats pouvaient être divergents C’est ce qui s’est passé, rien de concret a été mis en place, mais la volonté unanime exprimée de faire quelque chose à permis à chaque Président de dire que c’était une réussite, et de fixer un autre rendez vous pour Avril 2009. Voilà de la politique financière médiatique !

Le prochain rendez vous est fixé pour le 2 Avril à Londres, osons donc un nouveau pronostic. Un point positif, la volonté de faire est cette fois beaucoup plus forte car dictée par une peur très concrète de l’effondrement du système économique mondial, car tous les clignotants sont au rouge, bien que toutes les mesures principales aient été prises : baisses spectaculaires des taux, plan massifs de relance, soutien financier des banques, des Cie d’assurances.
Alors, les optimistes concluent en pensant qu’il suffit d’attendre et que cela va redémarrer.
Je suis plus réservé car je pense que cela est conditionné à la solution qui sera ou non apportée à ce G20 à la régulation voire à l’éradication des paradis fiscaux.
Le public a souvent une vision « évanescente » du paradis fiscal : une ile avec des yachts et des cocotiers dans le pacifique…..c’est vrai il y en a, mais regardons chez nous en Europe ! Tiens on trouve : le Luxembourg, l’Autriche, la Suisse, Monaco, le Lichtenstein, Jersey, Guernesey, l’ile de Man, allez, on va rajouter un palmier avec les iles Cayman (ces iles sont des dépendances de l’Angleterre). Ces pays se défendent bien sur de cette appellation de paradis fiscal, et c’est vrai qu’elle est assez floue. Pour l’instant seule l’Angleterre se dit prête à faire des sacrifices, et instaurer la transparence financière sur « ses iles ».
Cet éclairage permet de voir déjà que rien qu’entre nous, européens, cela risque d’être déjà très compliqué. Quel est l’enjeu ? Il est primordial, si le G20 n’aboutit pas sur ce point, les mesures de régulation financière qui seraient prises par les pays pourraient voir leur efficacité très fortement diminuée, par une « délocalisation massive » des opérations spéculatives vers ces paradis fiscaux. En conséquence la nécessaire régulation du système financier international ne serait pas efficace et pourrait contrarier toutes les mesures déjà mises en place pour sortir de la crise. Alors il faut croire à un succès, même si je suis encore septique.

D’ailleurs s’il fallait se persuader qu’en perte de repères, on est en train d’introduire de l’ésotérique dans ce monde ultra matérialiste de la finance, voilà une info étonnante relayée par les journaux financiers : « le Vatican exprime son approbation de la finance islamique qui rejette le principe de la spéculation ». Si ce prochain G20 ne parvient pas à trouver de solution sur les paradis fiscaux, il y aura lieu de s’inquiéter fortement sur la durée de la crise, et si un troisième G20 est envisagé en y invitant Benoit XVI ……., alors là !!!? (c’était juste pour conclure sur un peu d’humour)
Jean Conseil
13 mars 2009 à 8:59
Pour compléter le post de Jean Conseil, voici un article “copier / coller” lu dans Boursorama
“Toutes les entreprises du CAC 40 ont des filiales dans des paradis fiscaux, mis en cause dans l’évasion fiscale et pour leur opacité ayant aggravé la crise financière, affirme une enquête du magazine Alternatives économiques publiée jeudi.
“Avec pratiquement 1.500 filiales offshore, réparties sur près d’une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et le Royaume-Uni, toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont présentes dans les pays offrant des services financiers de type paradis fiscaux”, indique le mensuel classé à gauche.
“Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux”, indique le journal, qui affirme que BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale disposent de 361 entités offshore.
“Si l’on y ajoute les Banques Populaires, Dexia et la Banque Postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16% des entreprises de ces six groupes”, poursuit le journal, qui s’appuie sur des documents fournis par les sites internet de ces entreprises.
“Les banques françaises s’installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent +l’optimisation fiscale+”.
Selon “Alter Eco”, BNP Paribas a 189 filiales dans les centres offshore, dont 27 au Luxembourg et 21 aux îles Caïman.
Un établissement mutualiste, Banque Populaire, possède 24 filiales au Luxembourg, 16 en Suisse et deux au Panama, “dont la réputation est plus que sulfureuse”, assure le magazine.
Hors du secteur bancaire, LVMH (140 filiales), Schneider (131), PPR, France Télécom, Danone, Pernod et Capgemini sont particulièrement implantés dans les centres offshore, selon le journal.”
6 avril 2009 à 8:09
[…] - Crise et paradis fiscaux […]